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Le Fuligule milouin

Fuligule milouin, Aythya ferina, famille des Anatidae

Un joli canard facile à reconnaître…

L’automne, une saison aux milles couleurs, une saison au cours de laquelle, en ouvrant l’œil, vous aurez certainement l’occasion de rencontrer un canard étrange à la tête rousse au grès d’une balade. De par ses couleurs, ce canard se fond bien dans le paysage, il s’agit du Fuligule milouin. Les mâles arborent en cette saison leur plumage nuptial. Les ailes sont grises, la poitrine est noire, de même que l’arrière de l’oiseau. La tête est de couleur brun-roux, les yeux rouges et le bec noir avec une bande bleue claire. Les femelles quant à elles sont plus ternes, de couleur gris-brunâtre avec la calotte et la poitrine brunâtre. Elles possèdent une tâche claire entre les yeux et le bec ainsi qu’un cercle oculaire pâle. Alors que les adultes portent leur plumage nuptial de fin septembre à fin juillet, les jeunes sont plus tardifs et ne seront sur leur trente et un qu’à la fin du mois d’octobre au plus tôt, voire même en décembre.

JJ.Boujot © Corif

Fuligule milouin mâle
Photo © JJ. Boujot / Corif

P.Richard © Corif

Fuligule milouin femelle
Photo © P. Richard / Corif

Un régime alimentaire varié

Le Fuligule milouin se nourrit principalement de matières végétales. Ses repas sont variés, il va arracher les bourgeons, les feuilles ou les racines de nombreuses plantes à sa portée : potamots, myriophylles, cératophylles, renouées, characées, lentilles d’eau, etc. Il va également fouiller dans la vase pour récolter les nombreuses semences de ces plantes. Le milouin ne fait pas son difficile et, à l’occasion, il ne rechignera pas de petits crustacés et mollusques pour égailler son repas. Vers, insectes, larves, grenouilles et même petits poissons feront également bien l’affaire. Mais pour cela, le Fuligule milouin possède un atout de taille, c’est un plongeur expérimenté. Il va pouvoir rester 25 à 30 secondes dans l’eau, notamment entre 1 et 4 mètres de profondeur pour rechercher sa nourriture.

Un nicheur très rare mais migrateur et hivernant commun

Le Fuligule milouin affectionne les étangs aux rives bien végétalisées et de faible profondeur d’eau pour sa nidification. Cependant c’est un nicheur très rare en Île-de-France et seuls 10 à 20 couples restent chaque année pour se reproduire. Les parades nuptiales débutent au début du mois d’avril, les mâles vont gonfler les plumes de leur cou et lever et baisser lentement la tête en émettant de petits cris. Ils leur arrivent également de s’allonger sur l’eau, le cou tendu et de rejeter brusquement la tête en arrière en ouvrant le bec. Les femelles répondent à ces manifestations par des cris ainsi qu’en plongeant la tête et en s’étirant au ras de l’eau. Bien qu’en très faible effectif pendant la reproduction, cette espèce est facilement observable dans la région à l’automne au moment de la migration. A cette période, les individus sont moins exigeants et vont s’installer sur toutes sortes de plans d’eau. Ainsi, au mois d’octobre et jusqu’en novembre, la migration bat son plein et des milliers de fuligules se rassemblent sur les lieux favorables. Les individus qui restent passer l’hiver dans notre région vont se disperser le long des rives et se déplaceront peu pendant quelques mois.

Un gentil canard aux mœurs nocturnes

En dehors de la période de reproduction, le milouin est un canard extrêmement sociable au caractère doux, de ce fait des groupements de centaines d’individus se forment et se mêlent fréquemment aux autres espèces, notamment avec le Fuligule morillon. Les milouins passent le plus clair de leur journée à dormir, tête sur le dos mais toujours un œil à moitié ouvert. Au premier signe suspect, les individus se redressent, s’éloignent à la nage ou s’envolent bruyamment sous le bruit des battements d’ailes et des claquements de pattes à la surface de l’eau.  C’est au crépuscule que les canards commencent à s’activer afin de se nourrir. Le bruit des clapotis, dû aux plongeons des milouins, continue dans la nuit et ce n’est que le matin qu’ils finiront par s’arrêter pour se reposer à l’abri des regards. Ce comportement nocturne est accentué sur les zones où l’espèce est chassée le jour.

C.Grangier © Corif

Femelle de Fuligule milouin au repos
Photo © C. Grangier / Corif

J.Coatmeur © Corif

Toilette d’une femelle de Fuligule milouin
Photo © J. Coatmeur / Corif

Chassé mais en danger

Bien que considéré comme une espèce gibier, le Fuligule milouin est en déclin en Europe et en danger selon la liste rouge des oiseaux nicheurs en Île-de-France. C’est donc un oiseau patrimonial, du moins s’il est nicheur ou que plus de 400 individus passent l’hiver sur un site donné.

Bibliographie

BIRARD J., ZUCCA M., LOIS G. et Natureparif (2012). Liste rouge régionale des oiseaux nicheurs d’Île-de-France. Paris. 72 p.

BirdLife International (2004). Birds in Europe : population estimates, trends and conservation status. Cambridge, UK : Birdlife International. 374p.

GEROUDET P. (1982). Les palmipèdes. Delachaux et niestlé. 284 p.

LE MARECHAL P., LALOI D. et LESAFFRE G. (2013). Les oiseaux d’Île-de-France. Nidification, migration, hivernage. Delachaux et niestlé. 507 p.

SVENSSON L., MULLARNEY K. et ZETTERSTROM D. (2012). Le guide ornitho. Le guide le plus complet des oiseaux d’Europe, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient : 900 espèces. Delachaux et niestlé. 446 p.