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La Pipistrelle commune

Elle vit juste à côté de vous. Elle est si discrète que vous pensez n'avoir jamais entendu le son de sa "voix" ou de son "regard"...

Pipistrelle commune, Pipistrellus pipitrellus. Famille des Vespertilionidés.

La petite voisine

La Pipistrelle commune est sans nul doute la plus abondante de nos pipistrelles, devant les trois autres espèces recensées en France : la Pipistrelle de Kuhl, la Pipistrelle de Nathusius et la Pipistrelle pygmée (cette dernière ayant été récemment séparée de la Pipistrelle commune et élevée au rang d'espèce).

Pipistrelle

Photo © Philippe Lustrat

 

Très petite, elle ne mesure pas plus de 3,8 à 4,4 cm pour le corps et la tête, auxquels s'ajoutent 3,2 cm de queue (entièrement comprise dans le patagium). Ses ailes, longues et étroites, lui confèrent une envergure de 18 à 23 cm, mais elle ne pèse que 6 à 8 grammes. Son pelage est variable (plus clair en hiver), brun noir dessus (souvent roux) et gris-brun dessous. Des cas d'albinisme partiel ont déjà été rencontrés.

Elle peut vivre jusqu'à 16 ans, mais, dans la nature, sa longévité ne dépasse pas 2 à 3 ans en moyenne.

On la trouve dans toute l'Ile-de-France, y compris dans Paris, qui accueille la plus importante colonie d'hivernage de cette espèce connue en Ile-de-France (environ un millier d'individus) (JAPIOT, comm. pers.).

En été, elle fréquente les espaces ouverts parsemés d'arbres, souvent près de l'eau. C'est aussi une espèce extrêmement anthropophile qui a adopté de longue date les constructions en béton, les isolations, les tuiles mécaniques ou les coffrets de volets roulant... dés lors qu'elle y trouve un interstice d'à peine plus de 10 millimètres.

Une espèce protégée ?

En France, la Pipistrelle commune figure parmi les espèces classées "A surveiller" sur la liste rouge de la faune disparue et menacée en France. C'est pourquoi elle bénéficiait d'une protection intégrale (arrêté du 17 avril 1981) jusqu'à la loi du 16 décembre 2004. Depuis cette date, comme pour toutes les autres espèces, il est possible d'obtenir une autorisation administrative permettant de déroger à cette protection.

Pourtant, l'espèce est considérée comme vulnérable et protégée en Europe. Elle figure à l'annexe 4 de la directive habitat (espèces d'intérêt communautaire qui nécessitent une protection stricte) et à l'annexe 2 de la convention de Bonn (espèces migratrices se trouvant dans un état de conservation défavorable et nécessitant l'adoption de mesures de conservation et de gestion appropriées). Elle est aussi inscrite à l'annexe 3 de la convention de Berne listant les espèces protégées dont l'exploitation est réglementée.

La jumelle d'une soprane qui chante en silence !

Comme toute les chauves-souris, la Pipistrelle commune utilise deux types d'émissions vocales : les cris sociaux, habituellement "audibles" sur 17 à 20 kilohertz, par lesquels elle communique avec ses congénères, et les ultras-sons, grâce auxquels elle chasse et se dirige dans le noir. Ces ultras-sons portent jusqu'à 25 mètres environ en milieu ouvert et sont lancés en modulation de fréquence avec un pic d'énergie généralement situé autour de 45 kilohertz. Des enregistrements autour de 55 kilohertz ont récemment permis de découvrir l'existence d'une espèce jumelle : la Pipistrelle pygmée, parfois appelé "soprane" en raison de cette particularité vocale.

Ce sont ces ultras-sons et ces cris sociaux que le Corif enregistre lors de son inventaire des chiroptères en Seine-Marne.

Mieux qu'une bombe insecticide, le missile à tête chercheuse

Pipistrelle

Photo © Philippe Lustrat

 

Quelques minutes après le coucher du soleil (parfois même la journée), la colonie part en chasse. Elle sillonne alors son domaine vital d'environ 16 km2 (pour une colonie d'environ 160 animaux) à la recherche d'insectes et principalement de chironomes, de trichoptères, de chrysopes et, bien sûr, de papillons de nuit. Si la chauve-souris les capture généralement en vol, il lui arrive aussi de venir les prendre au sol. Cette chasse s'effectue à faible hauteur (4 ou 5 mètres), autour des maisons, souvent au même endroit chaque soir.
La pipistrelle fréquente fréquemment les lampadaires fonctionnant au mercure (leur lumière blanche attire davantage les insectes que la lueur orange des lampadaires au sodium) ou les bords des rivières environnés d'une végétation dense. Cette chasse ne dure pas toute la nuit. Elle est ponctuée de repos dans des gîtes intermédiaires ou d'un retour vers la colonie.

Quoi qu'il en soit, la pipistrelle reviendra au bercail avant l'aube. Elle peut ainsi capturer jusqu'à 3000 insectes en une nuit.

Un petit calin, un gros repas et au dodo

La fin de l'été et l'automne, de fin août à fin octobre, marque la période du rut. C'est l'époque à laquelle les cris sociaux sont les plus fréquents. Les mâles, qui paradent en vol, prennent alors une forte odeur musquée tandis que leurs organes génitaux, jusque là cachés, deviennent visibles. Parallèlement, les femelles quittent leur colonie de reproduction pour rejoindre un gîte d'accouplement. Un mâle peut ainsi avoir un petit harem d'une dizaine de femelles. Après la copulation, la femelle gardera le sperme dans l'utérus jusqu'à l'ovulation et la fécondation, au printemps suivant.

C'est aussi une période chasse intensive, durant laquelle elle se constitue des réserves de graisse afin de passer la saison froide.

Le temps est ensuite venu pour la Pipistrelle de rejoindre ses quartiers d'hiver. En effet, bien que certaines colonies choisissent d'hiverner sur leur lieu d'estivage, la plupart effectuent de petits déplacements, qui n'excèdent généralement pas 10 à 20 kilomètres. Pour hiberner, la Pipistrelle commune recherche un gîte très humide, afin d'éviter le dessèchement de ses membranes alaires. Il doit être bas en température, mais le seuil de 0 °C est critique. Si cette température se maintient trop longtemps ou si elle baisse encore, l'animal devra se réveiller et changer de gîte, sous peine de congélation. Il en va de même en cas de dérangement. Ces réveils nécessitent beaucoup d'énergie et obligent la chauve-souris à utiliser une partie de la graisse brune, qu'elle avait accumulé pour survivre à la léthargie. S'ils ont lieu trop souvent, l'animal devra sortir de léthargie plus précocement pour chasser. Malheureusement, en hiver, les insectes sont rares et il risque de mourir de faim. Il est donc primordial d'éviter tout contact avec les chauves-souris durant cette période.

La longue nuit des morts-vivants

Dès novembre, une fois confortablement installée dans un site souterrain, ou plus probablement dans une construction, la Pipistrelle commune s'endormira progressivement. Son cœur passera de 600 à une dizaine de pulsations par minute et sa respiration se ralentira pour atteindre des apnées pouvant durer plusieurs dizaines de minutes. Sa température corporelle s'abaissera jusqu'à avoisiner celle du milieu ambiant, généralement située entre 0 et 10 °C.

 

Pour en savoir plus :
ARTHUR L. et LEMAIRE M. (1999) - Les chauves-souris maîtresses de la nuit. Delachaux et Niestlé. 224 p.
BARATAUD M. (1996) - Ballades dans l'inaudible. CD. Éditions Sittelle.
SCHOBER W. et GRIMMBERGER E. (1991) - Guides des chauves-souris d'Europe : Biologie Identification Protection. Delachaux et Niestlé. 223 p.
http://monsite.wanadoo.fr/lustrat-philippe
http://www.museum-bourges.net/