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Le Murin de Daubenton Myotis daubentonii
et les autres murins Myotis sp d’Île-de-France

Famille des Vespertilionidés.

Portrait de famille

La grande famille des murins compte 103 espèces de part le monde, dont 13 en Europe, 12 en France et 8 en Île-de-France : le Murin de Daubenton Myotis daubentonii, le Murin de Brandt Myotis Brandtii, le Murin à moustaches Myotis mystacinus, le Murin d'Alcathoe Myotis alcathoe, le Murin à oreilles échancrées Myotis emarginatus, le Murin de Natterer Myotis nattererii, le Murin de Bechstein Myotis bechsteinii et le Grand Murin Myotis Myotis.

Le Murin de Daubenton est un petit chiroptère (il mesure 43 à 55 mm, pour une envergure de 240 à 275 mm et un poids de 6 à 12 grammes) brun-gris roussâtre sur le dessus et gris clair sur le ventre.

© G.SANMARTIN

Le Murin de Daubenton
Photo © G. San Martin

La famille s’est récemment agrandie

Le Murin d’Alcathoe est un nouveau venu. Il a été découvert dans les années 1970, en Grèce, mais les différences avec le Murin à moustache étaient si tenues qu’il a fallu recourir aux analyses ADN pour confirmer qu’il s’agissait bien d’une espèce nouvelle. Il ne fut décrit qu’en 2001, d’abord en Grèce puis en Hongrie, avant d’être découverte en France, en 2002 (il était alors appelé Murin cantalou).

En Île-de-France, il a été notamment observé en forêt de Fontainebleau, dans la vallée de la Seine ainsi que dans le nord de Melun.

© P.NYSSEN

Le Murin d’Alcathoe
Photo © P. Nyssen

Un insecticide naturel

Certains murins chassent surtout en vol. Le Murin de Daubenton capture ainsi des insectes (surtout les diptères aquatiques) en décrivant de longues arabesques, juste au-dessus de la surface de l'eau. Il lui arrive aussi d’attraper des petits poissons. Le Murin de Brandt, quant à lui, recherche les papillons de nuit, tandis que le Murin de Bechstein et le Murin de Natterer sont très éclectiques, en fonction de la saison. Ils peuvent exploiter les essaimages de certains insectes, comme les fourmis.

Les autres murins préfèrent attraper des proies posées, qu’il s’agisse d’araignées ou d’opilions cachés sur les troncs ou les branches des arbres (Murin à oreilles échancrées), ou de perce-oreilles (Murin de Brandt), ou encore de grands insectes terrestres comme les coléoptères ou les acrididés (Grand Murin).

Ils chassent au fouet !

Les cris d’écholocation (ultras-sons) des murins sont émis en modulation de fréquence abrupte. Leur fréquence varie rapidement, sans vraiment s’attarder sur une fréquence particulière. Cela produit, lorsqu’on le repasse au ralenti afin de le rendre audible, un son bref, sifflé et claquant, qui rappelle le bruit d’un claquement de fouet.

©

Sonagramme de cris d'écholocation de murins


Cliquer pour entendre le cri

Résidence d’été et résidence d’hiver

Le réveil a lieu de la mi-avril (mi-mars) jusqu’à novembre. Les murins passent ensuite généralement l’été dans les cavités arboricoles, ainsi que dans les ponts et les souterrains ou dans d’autres constructions humaines, à l’exemption du Murin de Bechstein et du Murin d'Alcathoe, qui recherchent essentiellement les trous d'arbres.

Ils hibernent de novembre à mars, le plus souvent dans des cavités saturées en humidité, sauf le Murin de Bechstein et peut-être le Murin d'Alcathoe, qu'on observe aussi dans les cavités arboricoles.

Un adepte des sites de rencontre interbêtes

Les mâles de murins ont passé toute la belle saison entre eux. Dès la fin de l’été ou le début de l’automne, ils quittent peu à peu leur gîtes estivaux pour rejoindre une cavité souterraine bien particulière : un site de rendez-vous entre mâles et femelles ! Chaque espèce s’y rend à sa propre période (dès août pour les Murin de Daubenton, et jusqu’en novembre pour le Murin à moustaches). Ces sites peuvent rassembler les individus de nombreuses colonies, sur plusieurs centaines de Km2. C’est, bien sûr, le moment privilégié pour les accouplements, même si certaines espèces comme le Murin de Daubenton ou le Murin de Natterer peuvent aussi s’accoupler dans les gîtes d’hibernation.

© G.SANMARTIN

Accouplement de Murin de Nattere
Photo © G. San Martin

Comme nous l’avons déjà vue pour la Pipistrelle commune, après la copulation, la femelle gardera le sperme dans l'utérus jusqu'à l'ovulation et la fécondation, au printemps suivant. Les jeunes naissent, en général, dès la seconde quinzaine de juin, et quittent le gîte au bout d’environ quatre semaines.

© G.SANMARTIN

Un jeune Murin de Daubenton
Photo © G. San Martin

Statut

Les murins sont protégés en France (arrêté du 23 avril 2007). En Europe, leur présence nécessite la création d'une Zone Spéciale de Conservation (annexe IV de la directive habitat) et, pour certains (le Murin de Bechstein, le Murin à oreilles échancrées et le Grand Murin), une protection stricte (annexe II de la directive habitat).

En Île-de-France, leur degré de vulnérabilité est variable selon les espèces et les départements. Certains (Murin de Daubenton, Murin de Natterer et Murin à moustaches) sont assez communs à très communs (sauf à Paris et petite couronne). D’autres (Murin de Bechstein) sont communs (au moins localement) à rares ou assez rares. D’autres encore sont rares ou assez rares, et absents dans Paris et sa petite couronne (Murin à oreilles échancrées) ou mal connus dans certains départements (Murin de Brandt). D’autres enfin, sont rares à assez rares en grande couronne, mais exceptionnel en petite couronne et absents de Paris (Grand Murin). Le Murin d’Alcathoe, quant à lui, est rare à assez rare voire exceptionnel dans certains département, mais sa répartition dans notre région est encore mal connue.

Comment les protéger ?

Il convient de limiter le dérangement dans les colonies de mise bas et les grands sites d'hibernation. Les zones humides (étangs et rivières) doivent être conservées aussi souvent que possible, ainsi que, en milieu forestier, les arbres à cavités et les arbres morts sur pieds (îlots de vieillissement). A proximité des zones humides, la gestion des infrastructures doit permettre de conserver les anfractuosités.

La préservation et/ou la création de corridors entre les habitats favorables, ainsi que le maintien d'une agriculture extensive, sans insecticide ni pesticide, permettraient aux murins de se développer dans l'ensemble de la région.

© G.SANMARTIN

Murin de Bechstein
Photo © G. San Martin

Pour en savoir plus :

ARTHUR L. et LEMAIRE M. (1999) – Chauves-souris maîtresses de la nuit. Delachaux et Niestlé. 265 p.

ARTHUR L. et LEMAIRE M. (2009) – Les chauves-souris de France, Belgique, Luxembourg et Suisse. BIOTOPE. Meze (Collection Parthenope) ; Muséum National d'Histoire Naturelle. 544 p.

DIETZ Ch., VON HELVERSEN O. Et NILL D. (2009) – L'encyclopédie de chauves-souris d'Europe d'Afrique du Nord. Delachaux et Niestlé. 400 p.

Fédération des clubs CPN (2003) – Sur les traces des chauves-souris. Cahier technique de la Gazette des terriers n°105. 84p.

HEINARD R. (1989) – Mammifères sauvages d'Europe. Tome 1 : Insectivores – Chéiroptères – Carnivore. Delachaux et Niestlé. 332 p.

Remerciements

Nous tenons à remercier Mme Pierrette NYSSEN et M. Gilles SAN MARTIN (Plecotus, groupe de travail chauves-souris de Natagora), grâce à qui cette fiche a pu bénéficier de superbes clichés.