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Le Canard souchet

Le Canard souchet, Aythya fuligula. Famille des Anatidés.

Le Canard souchet est un canard de surface (il ne plonge pas pour se nourrir) de taille moyenne. Il mesure de 44 à 52 cm. Son envergure est d’environ 80 cm, pour un poids de 460g à 670g pour la femelle, et jusqu’à 850g pour le mâle.

Toute une palette de couleurs

En hiver, le mâle revêt un plumage nuptial très coloré : vert-noir brillant sur la tête et le cou, blanc sur la poitrine ainsi que les côtés du bas ventre et de la queue, marron-roux sur les flancs et le milieu du ventre, noir ou noirâtre sur les sus-caudales et les sous-caudales ainsi que le milieu de la queue et du dessus. L’aile arbore un miroir vert (panneau coloré sur les rémiges secondaires) bien visible, surtout en vol. Afin de parfaire cette palette, le bec est noir, l’iris jaune ou orangé et les pattes rouge vermillon.

© Jean-michel Fenerole

Mâle de Canard souchet
Photo © JM. Fenerole

La femelle est plus terne, revêtue d’un brun jaunâtre clair avec des striées foncées. Elle ressemble à une femelle de Canard colvert, avec une teinte moins rousse (plus jaunâtre) et un miroir vert moins marqué que celui du mâle (ce miroir est bleu chez le colvert). Contrairement au mâle, sa face est unie.

© Jean-michel Fenerole

Femelle de Canard souchet
Photo © JM. Fenerole

Les jeunes ressemblent à la femelle, avec une calotte et une nuque plus foncées, le dos plus sombre et un dessous plus pâle et plus tacheté. Leurs pattes sont plus ternes que celles des adultes et leur iris est brun.

Attention aux mues

En fin d’été, le mâle revêt sa parure d’éclipse qui lui permet de passer inaperçu tandis qu’il change ses plumes de vol. Il ressemble alors à une femelle adulte, en plus roux, la tête brune plus foncée et les tâches du corps plus noires. En début d’automne, le mâle prend un plumage dit de « subéclipse », intermédiaire entre le plumage d’éclipse et le plumage nuptial. Ce dernier peut ensuite n’apparaître qu’à la fin de l’hiver. Les jeunes ne sont pas en reste. En automne, ils prennent un nouveau plumage qui les fait ressembler aux adultes (plumage de premier hiver). La tête du jeune mâle est alors plus foncée que celle de la femelle et ses flancs beaucoup plus roux. Une lune blanchâtre se dessine parfois entre son œil et son bec.

Souchet   Souchet

Mâle de Canard souchet en cours de mue
Photo © L. Epelboin / Corif

Un bec d’enfer

Aucun autre canard ne possède un bec aussi extraordinaire. Plus long que la tête, ce bec s’aplatit en large spatule à l’extrémité.

© Patrick Dubois

Un air sévère et un bec incroyable
Photo © P. Dubois

Cet outil très efficace est doté d’une souplesse remarquable et de nombreuses fibres nerveuses, qui en font un outil du toucher très performant. La mandibule supérieure comporte des lamelles très fines et très serrées (un peu comme les dents d’un peigne ou les fanons d’une baleine). Lorsqu’il referme le bec, elles viennent recouvrir les lamelles de la mandibule inférieure, et il reste un espace entre les deux mandibules. Quand il veut se nourrir, il plonge le bec dans l’eau et aspire celle-ci par des mouvements de langue et de mandibules. Il rejette ensuite cette eau, en retenant dans ces lamelles les particules comestibles (plancton, graines, pousses ou bourgeons de plantes aquatiques et autres matières végétales flottant dans l’eau ou enfouis dans la vase, ainsi que, plus rarement, des petits crustacés et des insectes).

Une population variable

La liste rouge mondiale place le Canard souchet parmi les espèces en sécurité. En Europe, sa population est importante et était stable entre 1970 et 1990. Bien que les données concernant les tendances dans le bastion de l'espèce en Russie ne soient pas disponibles durant les années 1990 à 2000, plusieurs pays, notamment les Pays-bas, ont souffert d'un déclin marqué et l'espèce à probablement subi un déclin modéré (supérieur à 10%) partout. En 2004, il était alors considéré comme en déclin à l’échelon européen. L’espèce est en sécurité en France, selon la dernière liste rouge.

Les choses sont un peu différentes à l’échelon régional. Le Canard souchet est ainsi un nicheur très rare, un migrateur peu commun et un hivernant rare en Île-de-France. Chez nous, l'espèce était considérée comme en régression en 1999 (5 à 10 couples en 1995), avec une population fragile. En revanche, il hiverne régulièrement depuis 1965, et voit ses effectifs augmenter dans les années 2000 puis fluctuer entre 159 et 848 individus lors des comptages Wetland International effectués de 2000 à 2011 (alors qu’il ne dépassait pas 300 individus autrefois).

© wetland

Pour certains (LE MARECHAL, in prep.), cette augmentation des effectifs au cours des années 2000 serait liée à la douceur des hivers qui se sont succédés. Cela explique aussi la chute de ces mêmes effectifs depuis 2009. En effet, dans ses bilans hivernaux, Météo-France rappelle que les mois de janvier 2009 et 2010 ont été particulièrement froids. Pour 2011, les températures sont restées bien en deçà des valeurs de saison, hormis une période de grande douceur entre le 6 et le 18. On note alors une légère progression du nombre des hivernants.

Il semblerait que le Canard souchet ait aussi tiré profit de l’eutrophisation des plans d’eau et de la création de pièces d’eau, de réservoirs et de gravières. A contrario, il pâtit des pratiques culturales non respectueuse des équilibres naturels (par exemple les fauches trop précoces).

La présence de nicheurs ou d'au moins douze hivernants sur un site permet d'inscrire celui-ci parmi les zones Naturelles d'Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF).

Le Canard souchet est classé gibier dans notre pays.

On le trouve où ?

Le Canard souchet se reproduit principalement dans le nord-ouest de la France (au nord d’une ligne Bordeaux - Lyon), notamment sur les étangs de Sologne et de Brenne, ainsi que dans la Dombes. Dans notre région, des couples nicheurs ont été signalés en Seine-et-Marne et dans les Yvelines, et, plus rarement en Essonne et dans le Val-d’Oise.

En période hivernale, la répartition nationale du Canard souchet est bien plus étendue, puisqu’elle recouvre l’ensemble du pays. Néanmoins, les plans d’eau de l’intérieur des terres n’accueillent que peu d’individus, le plus gros des effectifs se concentrant sur les côtes, et notamment en Camargue, leur principal site d’hivernage. En Île-de-France, il est principalement observé en Essonne (ex. Saclay) et dans les Yvelines (ex. Saint-Quentin-en-Yvelines, étang des Noés, étang de Saint-Hubert, Élisabethville...).

Bibliographie

BIRDLIFE INTERNATIONAL (2004), Birds in Europe : population estimates, trends and conservation status. Cambridge, UK : Birdlife International. (Birdlife Conservation series n°12).

DIREN Île-de-France (2002), Guide méthodologique pour la création de ZNIEFF en Île-de-France.

GEROUDET P. (1988), Les palmipèdes. Delachaux et Niestlé. 284 p.

LE MARECHAL P. et LESAFFRE G. (2000), Les oiseaux d'Île-de-France, L'avifaune de Paris et de sa région. Delachaux et Niestlé. 320 p.

MADGE S. et BURN H. (1995), Guide des canards, des oiseaux et des cygnes. Delachaux et Niestlé. 303 p.

Muséum National d'Histoire Naturelle et Comité Français de l'UICN (2008), La liste rouge des espèces menacées en France : Oiseaux nicheurs de France métropolitaine. 13 p.

YEATMAN-BERTHELOT D. (1991), Atlas des oiseaux de France en hiver. Société Ornithologique de France. 575 p.

YEATMAN-BERTHELOT D. et JARRY G. (1994), Nouvel atlas des oiseaux nicheurs de France : 1985-1989. Société Ornithologique de France. 776 p.