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La Pie-Grièche écorcheur

Ce petit oiseau discret a tout d'un mini-rapace. Mais qu'écorche-t-il ?

Pie-Grièche écorcheur, Lanius collurio. Famille des laniidae.

Pie-Grièche écorcheur mâle - © Corif

Le mâle
Photo © Geneviève Lhaulé / Corif

Pie-Grièche écorcheur femelle - © Corif

La femelle
Photo © Jean-Luc Kleis / Corif

 

Linotte ou Pie-Grièche écorcheur...

De dos (et de loin), le mâle de Linotte mélodieuse peut ressembler à celui de la Pie-grièche écorcheur (même gris sur la tête et même dos roux), mais là s'arrête la ressemblance. Le masque noir, la gorge blanche, le ventre clair, le croupion gris, l'absence de rouge sur le front et, en vol, le pattern noir et blanc de la queue, permettent de lever toute ambiguïté. La femelle est moins contrastée, mais elle arbore, elle aussi, un bandeau brun. Sa nuque et son croupion sont brun gris. Les jeunes ressemblent beaucoup à la femelle mais, sur le terrain, leur dos écailleux permet de les distinguer.

Une espèce protégée...

La Pie-Grièche écorcheur est protégée en Europe (elle figure aux annexes de la "directive oiseau" et de la convention de Berne), comme en France. Sa reproduction sur un site permet d'inscrire ce dernier à l'inventaire francilien des Zones Naturelles d'Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF)... dont l'avenir semble, maintenant, moins sombre.
Après un léger déclin dans les années 1970 à 1990, sa population reste affaiblie en Europe (entre 6 et 13 millions de couples). Elle ne semble plus être en déclin en France, mais ses effectifs nicheurs (plus de 10 000 couples) montrent encore une légère tendance à la baisse (-5 %) sur la période 1989-2001.
Vulnérable en Ile-de-France, sa population (au moins 80 à 100 couples) semble en légère augmentation grâce à de récentes découvertes.

Elle sait se faire désirer !

En Ile-de-France, il faut attendre les premiers jours de mai pour avoir une chance de l'apercevoir (les observations de fin avril sont rares). On considère généralement que le mâle arrive 1 à 3 jours avant la femelle sur le site de nidification. Néanmoins, la relative rareté des observations de chants et de parades nuptiales amène à supposer la formation de certains couples, au moins, plus précocement.

Elle s'installe alors dans les prairies (notamment humides) et les vergers, ainsi que dans les coupes forestières et les parcelles en régénération (elle a d'ailleurs bénéficié des parcelles de reboisement établies après les tempêtes de 1990 et 1999). On la trouve aussi sur les pelouses calcaires sur côoteaux, les friches arbustives et d'autres secteurs ouverts buissonneux.

Le nid est construit dans un épineux (Aubépine, Prunellier, Églantier). Rapidement, la femelle y pond 4 à 6 oeufs (généralement une nichée par an), qu'elle va couver durant une quinzaine de jours. Les jeunes restent au nid pendant 13 à 14 jours avant leur première escapade (fin juin ou début juillet). Après quoi, ils dépendront des adultes durant encore presque deux semaines.

Pie-Grièche écorcheur mâle et juvénile - © Corif

Le mâle avec un juvénile
Photo © Geneviève Lhaulé / Corif

 

Cris et chuchotements

La Pie-Grièche est un oiseau discret, que l'on n'entend que rarement. A son arrivée, le mâle fixe les limites de son territoire au moyen de "tchè-tchè" durs et nasillards. Lorsqu'une femelle apparaît, il la poursuit de ses avances en mettant en valeur ses couleurs vives, et notamment le rosé de sa poitrine. Il lance alors de petits "kwiièk kwiièk", en frétillant des ailes. Le chant n'est guère plus sonore. Il est composé d'un babil agréable et varié, comprenant de nombreuses imitations. En cas de danger (l'arrivée d'un observateur par exemple), elle émet de petits cris brefs, en série,"dèk-dèk" très marqués lorsque les jeunes sont nés. Ces derniers ne sont pas en reste et font entendre des cris aigus et traînant "wrii-wrii" lorsqu'un des parents arrive avec de la nourriture.

Un mini rapace

Dressée sur sa branche, à l'affût d'une proie, la Pie-grièche écorcheur a tout d'un petit rapace. Elle se nourrit principalement d'insectes (et essentiellement de coléoptères), qu'elle attrape au sol ou en vol (un peu comme un gobemouche). Il lui arrive aussi de capturer des rongeurs, des lézards, des batraciens et même de petits oiseaux. Les vers et les gastéropodes peuvent aussi figurer à son menu, surtout par mauvais temps.
Son nom d'écorcheur lui vient de son habitude d'empaler ses proies, afin de faciliter leur dépeçage ou bien de se constituer un garde-manger. Selon Jean Dorst, ce comportement n'est pas généralisé mais ne serait le fait que de certains individus. Il serait plus fréquent dans les régions froides et humides, en réaction au climat peu propice aux insectes.

Elle ne s'éternise pas !

Si elle arrive tard dans notre région, la Pie-Grièche ne s'y attarde pas. Dés que les jeunes sont autonomes, dès la mi-août, elle disparaît pour aller rejoindre ses quartiers d'hiver, dans les savanes et les steppes boisées de l'Afrique orientale et méridionale, au sud de l'équateur. Les dernières sont observées durant la seconde décade de septembre, plus rarement en octobre et, occasionnellement, en novembre.

 

Pour en savoir plus :
DORST J. (1995) - Les oiseaux ne sont pas tombés du ciel. Editions Jean-Pierre DE MONZA. 376 p.
LEFRANC N. (1993) - Les Pies-Grièches d'Europe, d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Delachaux et Niestlé. 240 p.
LEFRANC N. (2004) - La Pie-Grièche écorcheur. Editions Belin, collection approche, n°29. 96 p.