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Le Triton marbré

C'est le plus grand des tritons, il est titanesque !

Le Triton marbré, Triturus marmoratus. Ordre des Urodèles. Famille des Salamandridées.

Un triton titanesque.

Le Triton marbré, avec ses 115 à 140 mm pour les mâles et 130 à 160 mm pour les femelles, est le plus imposant des tritons que l'on peut rencontrer en France. Les mâles et les femelles possèdent une robe marbrée de vert sur fond noirâtre.
Néanmoins, les mâles se différencient par leur crête dorsale portée lors de la saison de reproduction. La taille de cette crête reflète la qualité du mâle qui la porte. En effet, plus un mâle est robuste, plus il possédera d'énergie à octroyer au développement de sa parure.
De ce fait, les femelles, certainement inconsciemment, détectent d'un coup d'œil les potentialités génétiques du mâle succeptibles d'être transmises à sa descendance ; et les mâles concurrents analysent rapidement leur chance de victoire en cas de combat pour un territoire ou une femelle.

© J.F. MAGNE / Corif

Femelle de Triton marbré
Photo © Jean-François Magne / Corif

© Carte de distribution de Triturus marmoratus, tiré de Nöllert/Nöllert : Die Amphibien Europas - ©© Wikipedia

Carte de distribution de Triturus marmoratus,
tiré de Nöllert/Nöllert : Die Amphibien Europas -
©© Wikipedia

 

Une espèce ibéro-française

Seuls trois pays accueillent le Triton marbré dans leurs mares : le Portugal, l'Espagne et la France.
En France, l'espèce se cantonne sur la moitié ouest du pays, et est limitée au nord par la Seine qu'elle ne dépasse que dans l'ouest de la Seine-et-Marne et le nord-est de l'Essonne.
En Île-de-France, le Triton marbré se trouve donc en limite d'aire de répartition, où il fréquente les mares et les fossés des massifs forestiers de Rambouillet et de Fontainebleau.

Activités cycliques

En Île-de-France, on peut croiser le Triton marbré entre février et mai. En début de saison, les adultes sortent de leur site d'hivernation qui peut se trouver sous une souche, un tas de pierre ou encore dans une galerie de rongeurs. Ils migrent alors jusqu'au site de reproduction situé le plus souvent à moins de 100 m.
Ce site de reproduction est un point d'eau stagnante accueillant une végétation aquatique qui servira de support de fixation pour la ponte.
C'est ici que les adultes se rencontrent et se reproduisent. Mais avant, pour parvenir à leur fin, les mâles entreprennent des parades nuptiales élaborées utilisant des stimuli chimiques, visuels et tactiles.
Ils se placent latéralement devant la femelle, et sécrêtent des phéromones à partir de leurs glandes du cloaque et du dos (stimulation chimique). Suite à des ondulations de la queue effectuées par le mâle (stimulation visuelle), ces molécules circulent le long d'un courant d'eau dirigé vers les narines de la femelle.
Si la femelle est conquise par le comportement du mâle, elle manifeste son contentement en donnant des coups de museau sur la queue du mâle (stimulation tactile), qui dépose alors un spermatophore (amas gélatineux comportant les spermatozoïdes).
Le mâle dirige ensuite la femelle afin qu'elle préléve la masse spermatique avec les lèvres du cloaque.
Si la fécondation a lieu, la femelle pondra jusqu'à 400 œufs, déposés indépendamment les uns des autres au cours de la saison de reproduction.
Le développement de l'embryon dure environ 16 jours et la phase larvaire 2 à 3 mois. La saison de reproduction est suivie d'une migration post-nuptiale qui se déroule au mois de mai. C'est alors que les tritons rejoignent leur site d'hivernation.

© http://www.educ-envir.org Mâle de Triton marbré respirant à la surface

Mâle de Triton marbré respirant à la surface
© © http://www.educ-envir.org

 

Niveau trophique

La position du Triton marbré dans la chaîne alimentaire est, comme pour l'ensemble des Urodèles, exclusivement celle d'un prédateur. Il se nourrit principalement de proies d'origine terrestre.
Les lombrics semblent constituer la majorité de son alimentation, mais les insectes tombés à la surface de l'eau font aussi bien son affaire.
A son tour, le triton constitue une ressource alimentaire pour de nombreux prédateurs comme certains oiseaux (hérons, cicognes...), mammifères (loutre, putois...) ou certains reptiles (Couleuvre à collier...).

Cause de déclin et menace

Les facteurs de déclin des amphibiens sont relativement divers allant de la pollution des eaux et des sols au réchauffement climatique, en passant par les aménagements anthropiques. L'intervention humaine détruit et fragmente souvent les habitats. A titre indicatif, en France, les plans d'eau, comme les mares, ont régressé de 50 % à 75 % en un siècle.
A ces menaces, nous pouvons ajouter les interactions avec des espèces exogènes (Tortue de Floride, Grenouille-taureau...) qui provoquent une concurrence directe, en prédatant les espèces indigènes, ou indirecte, en occupant les mêmes niches écologiques.

Mesures de protection

Au niveau européen, le Triton marbré figure à l'annexe 4 de la directive Habitats et à l'annexe 3 de la Convention de Berne. Ces annexes donnent les listes des espèces animales strictement protégées.
Au niveau national, il est classé parmi les espèces vulnérables dans le livre rouge des vertébrés de France. D'un point de vue juridique, il est stipulé que la destruction, la possession, la capture, la vente, le transport d'animaux morts ou vivants sont strictement interdits.
Enfin en Île-de-France, le Triton marbré est une espèce déterminante pour la création d'une Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF).

© Mare/ Corif

Photo © Corif

Que faire ?

Prendre soin des mares, ou encore en créer, cela permettra d'y accueillir le Triton marbré.
S'il n'est pas au rendez-vous, votre mare attirera sans conteste d'autres espèces de tritons, ou encore des grenouilles, des salamandres, des libellules, des poules d'eau... Ouvrez l'œil!

Pour en savoir plus...

...sur la phylogénie, la biologie, l'écologie, la conservation des amphibiens, il existe cet excellent ouvrage illustré de belles photographies :
ACEMAV coll. Duguet R. et Melki F. ed. 2003 - Les Amphibiens de France, Belgique et Luxembourg. Collection Parthénope, éditions Biotope, Méze (France). 480 p.

...sur l'identification des amphibiens :
Muratet J. 2008 - Identifier les Amphibiens de France métropolitaine. Edition ECODIV (France). 291 p.

...sur la Société Herpétologique de France (SHF) :
www.societeherpetologiquedefrance.asso.fr

...sur la faune, la flore, la création ou l'entretien des mares :
www.les-mares.com