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Le Plongeon imbrin

Le Plongeon imbrin, tout un programme...

Plongeon imbrin, Gavia immer. Ordre des Ciconiiformes, Famille des Gaviidae.

© Yvon Toupin - Corif

Photo © Yvon Toupin

Un brin étrange, d'où vient son nom...

Connu aussi sous le nom de "Plongeon huard", ou encore "Huart à collier", "Grand Plongeon de la mer du Nord", "Imbrim", "Grand Plongeon", "Plongeon glacial", "Colymbe glacial", "Plongeon tacheté", "Plongeon de rivière", ou encore "Raquet".
Son nom vernaculaire plongeon vient du latin "plumbicare" ("s'enfoncer"). "Imbrin" lui est une déformation de "himbrini" qui était l'appellation nordique de cet oiseau (voir ci-dessous). Le terme "huard" fait référence à son cri.
Le nom de genre "Gavia" vient du latin et désigne "un oiseau de mer". Cependant le terme "immer" a une étymologie plus confuse. Il viendrait du terme islandais "himbrini" signifiant "hurleur des flots", alors que "immergo" signifie "je plonge" en latin.

En bref !

Cet oiseau, aussi gros qu'une oie, mesure de 70 à 90 cm et pèse en moyenne 3700 g pour les femelles et 4200 g pour les mâles. Son envergure est de 125 à 148 cm, et fait de lui le plus grand de nos trois plongeons européens. La maturité sexuelle survient à 2 ou 3 ans.

Sa longévité, bien qu'encore non déterminée, est d'au moins 8 ans, mais elle est estimée à 20 ans.

© Olivier Laporte - Corif

Photo © Olivier Laporte - Corif

Comment reconnaître notre plongeur ?

Difficilement identifiable, il peut être confondu avec son cousin le Plongeon arctique Gavia arctica. De grande taille, le corps du Plongeon imbrin est effilé et son plumage noirâtre nuancé de blanc. Le ventre, le collier ainsi que la tête sont noirs avec des reflets verts. Il a une grosse tête et un fort bec noir en forme de poignard, ce qui le distingue du Plongeon à bec blanc Gavia adamsii, le plus rare de tous les plongeons chez nous.

Contrairement au Plongeon catmarin Gavia stellata, le bec est tenu horizontalement. Les pattes sont sombres, et l'iris rouge brun.

© René Lortie - Corif

Photo © René Lortie

En plumage nuptial, les adultes ont la tête et le collier noirs avec des reflets verts et bleus, la gorge blanche présente des rayures longitudinales noires, de même que le croissant clair situé entre la tête et le collier. Le ventre est blanc et le dos orné d'un dessin en damier noir et blanc.

© Olivier Laporte - Corif

Photo © Olivier Laporte - Corif

Le plumage d'hiver est plus terne, le dos est uniformément sombre (contrairement aux juvéniles qui eux ont de nets motifs écailleux pâles). La nuque est plus sombre que le dos alors que le menton et l'avant du cou sont blancs.

© Yves Dubois - Corif

Photo © Yves Dubois

Médaillé d'apné...

L'attitude de notre plongeon rappelle celle du cormoran (avec qui il peut être confondu). Il est capable de rester sous l'eau durant 3 minutes, bien que ses plongées n'excèdent pas 40 à 60 secondes. En cas de fuite, des records de 10 minutes sous l'eau ont été enregistrés.

Plongeon en vol...

Son poids l'oblige à prendre un élan laborieux pour décoller de l'eau. Une fois décollé il peut cependant atteindre la vitesse de 40 km/h. Il vole le cou légèrement tendu vers le bas. Il pousse alors une sorte de "kvouk" glapissant. Sur son aire de nidification, il lance de longs cris plaintifs et hululants.

Vous avez dit Plongeon ?

Cette espèce, comme tous les plongeons, est essentiellement piscivore, capturant ses proies sous l'eau à une profondeur de 10 à 12 mètres ! Certains auteurs citent des records allant jusqu'à une profondeur de 70 mètres...
Il peut avaler des poissons dont la taille atteint 28 cm. Il consomme aussi bien des espèces marines (Morue, Hareng, Aiglefin, Anguille, Merlan, Grondin, etc.) que des espèces d'eau douce (Anguille, Perche, Poisson-chat et Gardon par exemple).
Mais il peut aussi se nourrir de petits mollusques, crustacés et céphalopodes, voire d'annélides. Les végétaux aquatiques font également partie de son régime alimentaire.

Petits et grands plongeons

Il niche généralement sur les rives non boisées des lacs nordiques (profonds et poissonneux). Le nid se limite à un trou gratté dans le sol à proximité de l'eau. Il peut être constitué avec des matériaux trouvés aux environs. La femelle pond entre mai et juin 2 œufs d'un brun-olive légèrement tacheté de noir. L'incubation durera entre 26 et 31 jours.
La femelle transportera ses jeunes sous ses scapulaires pendant plusieurs semaines (à la manière des grèbes). Ils commenceront à plonger après seulement 2 jours et seront capables d'atteindre 3 mètres de profondeur au bout d'une semaine.

Où le retrouver ?

On le trouve généralement sur les lacs et grandes mares de zones côtières septentrionales, dans un paysage de toundra. Il niche au Groenland, au Canada, dans certaines régions du Nord des Etats-Unis et en Alaska. Il en existe une petite population en Islande.
Il migre généralement au-dessus de la mer à partir de septembre, à une certaine distance de la côte. La migration s'effectue de jour, en solitaire ou en formation pouvant compter jusqu'à 15 individus. Pendant la migration vers le Sud, il peut passer la nuit en bandes de plusieurs centaines d'individus et se concentrer sur de grands lacs.
Il hiverne en mer (au moins une centaines d'individus hivernants chaque année sur nos côtes), et sur de grands plans d'eau. Il est plutôt rare à l'intérieur des terres.
Il est surtout noté chez nous de novembre et janvier. Il s'agit du plongeon le plus rare en Ile-de-France, mais il devient un hivernant régulier depuis 1996 sur les étangs de Jablines et de Trilbardou (en Seine-et-Marne)

Menaces et protection

Le problème le plus grave que rencontre cette espèce est la pollution des eaux due principalement aux hydrocarbures répandus dans la mer. Mais le Plongeon imbrin est aussi menacé par la diminution des ressources en poisson et par la détérioration de son habitat.
Il a ainsi disparu de quelques lacs de l'Est de l'Amérique du Nord à cause des effets des pluies acides. Sur certains lacs, des plates-formes artificielles ont été mises à la disposition des plongeons pour leur permettre d'y nicher, afin de réduire l'impact des variations du niveau d'eau dues à des barrages ou autres activités humaines.
La population européenne (hors Groenland) n'est estimée qu'à 300 couples, ce qui motive sa protection au niveau européen par la Directive Oiseaux depuis 1979, par la Convention de Bern (protection de la vie sauvage) depuis 2002, ainsi que par la Convention de Bonn.
Birdlife International indique une population européenne de 700 à 2300 couples en été (Groenland inclus), et 5400 individus hivernants.
La population de Gavia immer semble stable. L'UICN estime sa population mondiale à 580 000 individus.

On l'aime notre plongeon...

Plusieurs pays ont émis des timbres à l'éffigie de cet oiseau (Islande en 1966, Groenland en 1988, Canada en 1998, Etats-Unis d'Amérique en 1952, réédité en 1982). Le Plongeon imbrin, dit aussi le Plongeon huard figure sur la pièce canadienne d'un dollar (pièce et devise reçoivent ainsi le nom "huard" dans le langage populaire). C'est aussi l'oiseau officiel de la province d'Ontario et de l'Etat du Minesota.
Les tribus amérindiennes de Colombie-Britannique croient que les cris de cet oiseau annoncent la pluie, voire la provoquent (ça ne doit pas être le cas en Ile-de-France car du Plongeon imbrin, on en voit pas souvent !)

 

Une fois de plus, un grand merci à nos photographes talentueux !