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Le Martinet noir

Le Martinet noir, Apus apus. Ordre : Apodiformes. Famille : Apodidés.

Martinet

Photo © R. Dumoulin

Belle hirondelle...

Le Martinet noir est aisément reconnaissable à son plumage sombre et ses longues ailes effilées rappelant assez la forme d'une faux. Avec un poids d'environ 42 grammes et une envergure de 42 à 48 cm, il peut atteindre des vitesses phénoménales jusqu'à 200 km/h !

Le Martinet noir passe l'hiver en Afrique, principalement au sud de l'Équateur, et effectue son retour vers la fin du printemps.

D'abord observé dans le sud de l'Europe, il gagne peu à peu l'ensemble du continent jusqu'à la Scandinavie et la Sibérie.

Sa nourriture se constitue exclusivement d'insectes volants, principalement des Diptères (Moustiques, Mouches, Moucherons), mais aussi des Coléoptères, Abeilles (seulement les mâles qui n'ont pas d'aiguillon !), Éphémères, etc.

En tout : prés de 500 espèces différentes d'insectes font partie de son repas, faisant de lui l'insecticide « naturel » le plus sympathique du monde.

Ne pas confondre !

Le Martinet noir fait partie des derniers oiseaux à revenir d'Afrique : on ne le voit guère qu'à partir des premiers jours de Mai. C'est-à-dire un bon mois après ses cousines les Hirondelles !

Ces Hirondelles avec lesquelles on le confond si souvent d'ailleurs ! Un peu d'attention suffira pourtant à vous permettre de le distinguer sans trop de peine.

D'abord, la couleur : les Hirondelles ont le ventre blanc ou très clair, le Martinet, lui, est entièrement brun foncé (hormis une tâche pâle à la gorge visible sous une bonne lumière). Et en vol, il paraît entièrement noir avec une tête courte et une queue fourchue (souvent fermée) relativement longue.

Ensuite, la forme des ailes rappelant une sorte de petit arc muni d'une flèche noire : le corps de l'oiseau. Ajoutons enfin que les Hirondelles ont tendance à voler en zig-zag, faisant de brusques changements de direction. Le Martinet, lui, se montre sensiblement moins capricieux dans ses exercices aériens.

On retrouve dans le sud de la France deux autres espèces qui sont le Martinet à ventre blanc et le Martinet pâle, présents sur les parois rocheuses et dans les bâtiments.

Un « fou volant »

C'est lui, le Martinet noir, que vous pouvez voir, par les belles soirées de Juin, passer à une vitesse incroyable au ras des toits de la ville en poussant des cris éperdus : Srii !… Sriii !… Sriiiiiii !

Le Martinet est en effet, parmi tous les oiseaux de France, celui que la Nature a de toute évidence le plus favorisé sur le plan des performances aériennes. Non seulement il est capable d'atteindre des vitesses énormes (jusqu'à 200 km/h) mais sa résistance est prodigieuse : bien que passant le plus clair de son temps en plein ciel, il ne semble nullement atteint par la fatigue et ne se pose que très rarement…

Le Martinet noir se reproduit en vol, se nourrit en vol (d'insectes qu'il recueille jusqu'à 5km d'altitude), dort en vol (de façon circulaire ou au gré de courants aériens en recherchant des zones d'inversion de température à quelques kilomètres d'altitude), et ne se pose uniquement que pour élever ses jeunes !

Il faut dire que le Martinet a des pattes atrophiées. Tellement courtes d'ailleurs qu'une fois à terre, il se trouve dans une position fort inconfortable.

Martinet

Photo © H. Lasek

Une petite pause !

Le Martinet noir construit son nid dans des anfractuosités de murs ou se trouve un trou à grande hauteur sur les immeubles ou les monuments. Il recherche les fissures entre deux blocs de pierre, les bouches d'aération ayant perdu leur grille d'obstruction, les dessous de toit, boîtiers de stores, etc.

La femelle pond deux à trois œufs qu'elle couve seule durant 18 à 21 jours. Elle est, durant ce temps, nourrie par le mâle. Les deux parents s'occupent de l'alimentation des jeunes qui peuvent quitter le nid après 5 à 6 semaines. Les adultes stockent les insectes qu'ils capturent dans leur gorge, ce n'est que lorsque cette « balle » atteint 1 ou 2 g qu'ils reviennent nourrir leurs petits.

La croissance des jeunes est marquée par deux périodes d'amaigrissement, au moment de la formation du plumage et au moment de l'envol. Il n'est pas rare qu'à cette date les parents aient déjà débuté leur migration vers l'Afrique Les jeunes doivent se débrouiller tout seuls en quelques jours pour apprendre à chasser. Sauf exception, ils passeront près de deux ans sans se poser.

Et chez nous ?

Le Martinet noir et l'un des oiseaux les plus représentatifs de l'avifaune de la capitale avec un effectif certainement supérieur à 3000 couples (Pierre le Maréchal & Guilhem Lesaffre, « Les Oiseaux d'Ile-de-France »). Les oiseaux viennent boire sur la Seine au-dessus de laquelle ils se concentrent parfois en Mai lorsque le mauvais temps se prolonge. Les derniers sont notés chaque automne jusqu'à la mi-septembre. En France, au moins un million de couples nicheurs.

Mais attention ! les martinets connaissent quelques soucis quant à leur raréfaction. En effet, les constructions modernes n'offrent plus guère de sites de nidification favorables à cette espèce originalement inféodée aux falaises et qui avait trouvé dans les constructions humaines traditionnelles (tours, clochers, bâtiments élevés en pierres) des sites lui convenant.

Autre problème rencontré, celui des dépressions océaniques provoquant des périodes de mauvais temps continu au moment de la nidification et qui peuvent certaines années décimer les colonies de martinets (adultes reproducteurs et poussins).

Maintenant à vous de jouer, levez bien la tête à la recherche de ce merveilleux fou volant, et découvrez où il niche autour de chez vous !