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Le Troglodyte mignon

Il est tout petit et son chant puissant sonne comme une trille.

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La Sarcelle d'hiver

Le plus petit des canards de surface

La Sarcelle d'hiver, Anas crecca . Famille des Anatidae.

Pour faire le portrait …d'une sarcelle

La Sarcelle d'hiver est un petit canard de 34 à 38 cm, pour moins de 60 cm d'envergure et un poids de 250 à 450 grammes.
Un feu d'artifice de couleur. En plumage nuptial (visible de septembre jusqu'au printemps), le mâle arbore une jolie tête brun chocolat, ornée d'un masque vert bordé de jaune du plus bel effet. Sous la queue, de chaque côté, est dessiné un triangle jaune vif, visible de très loin.
Sa poitrine est vermiculée et ses flancs son rehaussés d'une bande blanche.

© Y. DUBOIS

Mâle de Sarcelle d'hiver en plumage nuptial
Photo © Y. Dubois / Corif

Madame et son miroir

Miroir, mon beau miroir, voilà comment identifier la femelle. Cette dernière est plus terne (pour rester à couver durant des heures sur le nid, il est préférable d'éviter de se faire repérer par les prédateurs).
Elle ressemble à la femelle de Canard colvert, mais elle est plus petite, plus grise et une bonne partie des rémiges secondaires (grande plumes de vol) de la Sarcelle d'hiver sont vert brillant.
Ce " miroir " est bleu chez le colvert et blanc chez le Canard chipeau (dont la femelle ressemble aussi à celle du Canard colvert).
Il se remarque à de longues distances, notamment en vol, et permet à coup sûr de distinguer les femelles des trois espèces.

© J-F MAGNE

Femelle de Sarcelle d'hiver
Photo © J.F Magne / Corif

Ses qualités

Même caché, il est possible de reconnaître la Sarcelle d'hiver grâce à ses cris. Le mâle lance un sifflement clair et mélodieux, sur deux syllabes monotones, tandis que la femelle émet un caquètement rauque et enroué, dabord aigue puis plus bas.
La Sarcelle d'hiver décolle de l'eau à la verticale et possède un vol rapide (et légèrement sonore), parfois en formations serrées. Elle peut faire de multiples crochets successifs.

Que trouve-t-on dans son assiette ?

Son régime alimentaire varie au cours de l'année. En période de reproduction, la Sarcelle d'hiver se nourrit de proies animales comme les petits mollusques et les crustacés ainsi que les larves et les adultes d'insectes aquatiques.
Durant la saison froide, elle consomme principalement des graines de plantes palustres qu'elle obtient généralement en filtrant la vase grâce à son bec.

© F. LELIEVRE

Sarcelle d'hiver mâle
Photo © F. Lelièvre / Corif

Un oiseau prudent qui change d'habitat tous les soirs !

L'espèce est principalement migratrice est hivernante dans notre région, mais il lui arrive de se reproduire (0 à 5 couples recensés).
Elle fréquente les plans d'eau douce peu profonds ainsi que les cours d'eau assez fermés et possédant des berges bien végétalisées.
En hiver, on l'observe surtout sur les grands étangs (elle est ainsi régulièrement notée sur ceux de Saclay et de Saint-Quentin) mais peut aussi s'installer dans des habitats plus artificiels tels que les bassins de décantation et les champs d'épandage.
Le soir venu, elle s'envole vers des marais calmes et peu profonds (les zones de gagnages), dans lesquels elle se nourrit toute la nuit. Ces secteurs ne doivent donc pas être éloignés de plus d'une vingtaine de kilomètres des zones de repos diurnes, pour éviter aux oiseaux de dépenser trop d'énergie en passant de l'un à l'autre.

Pour nicher, elle préfère les marais et les zones inondées de faible profondeur, parfois arborés, dont le niveau d'eau ne varie pas brusquement durant cette période

© D. OMAROV

Sarcelle d'hiver couple
Photo © Omarov / Corif

Une évolution contrastée de sa population

La Sarcelle d'hiver bénéficie d'une forte progression de sa population hivernale en France (entre 130 000 et 155 000 individus sur la période 2010-2013), depuis 1968 (ISSA et MULLER, 2015). A cette époque, les oiseaux contactés en Île-de-France viennent pour la plupart de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas (LE MARECHAL et al., 2013).
A contrario les effectifs nicheurs nationaux, estimés entre 200 et 400 couples, accusent un fort déclin de 1995 à 2012 (ISSA et MULLER, 2015).

Cette régression est une bonne partie due à la disparition et à la dégradation des zones humides telles que les tourbières.

Ses statuts

La Sarcelle d'hiver, qui peut être chassée et commercialisée en Europe (annexe II et III de la directive " oiseaux "), est classée gibier dans notre pays. Elle figure à l'annexe III de la convention de Berne (espèces protégées dont l'exploitation est règlementée) et II de la convention de Bonn (espèces migratrices se trouvant dans un état de conservation défavorable et nécessitant l'adoption de mesures de conservation et de gestion appropriées).

C'est une espèce nicheuse vulnérable en France et très rare en Île-de-France (LE MARECHAL et al., 2013).
La présence d'un couple ou d'au moins 40 hivernants sur un site régional permet de faire figurer celui-ci parmi des Zones Naturelles d'Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF) (SIBLET, 2002).

Bibliographie

BirdLife International (2012). Fiche : Lymnocryptes minimus. http://www.birdlife.org

- ISSA N. et MULLER Y. coord. (2015) - Atlas des oiseaux de France métropolitaine. Nidification et présence hivernale.- LPO /SEOF / MNHN. Delachaux et Niestlé. Paris. 1408 p.

- LE MARECHAL P., LALOI D. et LESAFFRE G. (2013)- Les oiseaux d'Île-de-France. Nidification, migration, hivernage.- CORIF - Delachaux et Niestlé, Paris. 512 p.

- SIBLET, J.P., 2002.- Guide méthodologique pour la création de ZNIEFF en Île-de-France.- DIREN Île-de-France.- 204 p.