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Le Lézard des murailles

Un usager des vieilles pierres

Le Lézard des murailles , Podarcis muralis (Laurenti, 1768) . Famille des Lacertidae.

Comment le reconnaître ?

Le Lézard des murailles est un petit lézard.
La femelle (photo 1) ne dépasse pas 18 cm. Comme les juvéniles, elle possède une large bande brun foncée unie sur les flancs, souvent séparée du dos par une bande claire.
Elle arbore une fine ligne dorsale plus ou moins interrompue.

© J-P. LAIR

Photo 1 : Femelle/jeune montrant la bande sur les flancs et la ligne noire sur le dos
Photo © J-P. Lair / Corif

Le mâle (photo 2) peut atteindre 20 cm, dont une queue de 13 cm.
La ligne dorsale se présente sous forme d'un lacis discontinu ou de taches noires dispersées.

© I. ANGLADE

Photo 2 : Mâle de Lézard des murailles
Photo © I. Anglade / Corif

Les deux sexes possèdent un collier peu ou pas dentelé, et leur tête comme leurs membres sont plus grands que ceux du Lézard vivipare du même sexe. Leurs écailles dorsales sont petites et non carénées.

La couleur et les dessins du corps sont très variables, selon le sexe et la région, mais aussi au sein d'une même population.
Certains montrent des ocelles bleues sur les flancs (en particulier chez le mâle), ainsi qu'une tache noire au départ de la patte avant (Photo 3).
Néanmoins, la plupart des individus sont brunâtres ou gris (parfois avec des teintes vertes), et arborent des tâches et des barres noires et blanches très visibles sur les flancs et les côtés de la queue.
La face ventrale est claire (blanche, jaune, rose ou brique) et peut aussi être rehaussée de tâches ou de points foncés.

© C.GRANGIER

Photo 3 :Mâle de lézard des murailles montrant des tâches bleues sur les flancs et une tache noire sous les pattes antérieures
Photo © C.Grangier / Corif

Il peut vivre entre trois et cinq ans.

Son régime

C'est un insectivore qui se nourrit de lépidoptères, d'orthoptères, de coléoptères et même d'Hyménoptères.
Il lui arrive aussi de consommer des araignées, des petits invertébrés (comme des vers de terre), voire des fruits.

Sous le soleil exactement

Le lézard des murailles est une espèce thermophile qui cherche à maintenir sa température corporelle entre 33 et 36°C.

Il aime les habitats ensoleillés comportant des endroits secs, des cachètes, mais aussi des recoins humides.
On le trouve souvent dans des secteurs très minéralisés, près de l'homme, comme par exemple dans une carrière ou un cimetière, sur un mur ou un muret (photo 4) ou le long des ballasts de voies ferrées.
Il s'est ainsi adapté aux friches industrielles.

Il fréquente aussi des espaces plus naturels, tels que les haies ou les lisières forestières baignées de soleil.
On le trouve ainsi très communément en forêt de Fontainebleau. L'espèce peut être observée dans toute l'île de France.

© J-P.LAIR © J-P.LAIR

Photo 4 :Le Lézard des murailles s'installe souvent près de l'homme, par exemple dans un trou de mur ou dans un tas de pierres
Photo © J-P. Lair / Corif

En hiver, le Lézard des murailles peut sortir lors des journées ensoleillées du sud de la France.
En revanche, il hiverne dans le nord, à partir de la fin du mois d'octobre ou au mois de novembre jusqu'au mois de février ou mars, lorsque les températures au soleil avoisinent les 15°C.

Au printemps, le mâle voit rouge !

Les femelles sortent d'hibernation avant les mâles, afin de se poser au soleil et d'être prêtent lorsque les mâles sortiront à leur tour.

Chez le Lézard des murailles l'accouplement a lieu de mars à juin, et souvent en avril.
A cette époque, les mâles prennent une coloration orangée sur la face ventrale (photo 5) et adoptent un comportement territorial.
Ils sont près à séduire…et à se battre !

Lorsqu'il a trouvé une femelle prête à s'accoupler, le mâle saisit le bas de son dos dans les mâchoires afin de placer son cloaque en face de celui de la femelle.

© J-P.LAIR

Photo 5 : Mâle de Lézard des murailles en période de reproduction
Photo © J-P. Lair / Corif

La femelle pond entre 2 et 12 œufs dans une cavité, par exemple une fissure dans une pierre ou sous un tronc.
Ils écloront un à deux mois après. Dans le midi de la France, la femelle peut effectuer jusqu'à deux à trois pontes dans l'année.

Une queue en " kit "

A plusieurs endroits de leur queue, les lézards possèdent des vertèbres non soudées.
En cas de danger imminent, ils peuvent contracter leurs muscles et couper un bout de cette queue.
Elle se tortillera un moment sur le sol et attirera le prédateur, lui laissant ainsi le temps de prendre la fuite (photo 6 et 7).
Ce phénomène, appelé autotomie, peut être renouvelé.

© J-P.LAIR

Photo 6 : Queue de lézard coupée par autotomie
Photo © J-P.Lair / Corif

© J-F.MAGNE

Photo 7 : Lézard des murailles ayant sectionné sa queue pour échapper à un prédateur
Photo © J-F. Magne / Corif

Le bout de queue disparue repoussera, mais il sera dépourvu de motif (photo 8).

© J-P.LAIR

Photo 8 : La nouvelle queue ne montre pas de motifs
Photo © J-P. Lair / Corif

Parfois, la queue ne se détache pas complètement et cicatrise, tandis qu'une autre repousse.
Le lézard se retrouve alors…avec deux queues !

Statut

Le lézard des murailles est protégé en France (Arrêté du 19 novembre 2007 fixant la liste des amphibiens et des reptiles protégés sur l'ensemble du territoire et les modalités de leur protection) et en Europe (Annexe 4 de la Directive Habitat et Annexe 2 de la Convention de Berne).

Il est considéré comme en préoccupation mineure sur les listes rouges nationale, européenne et mondiale.

Comment l'aider ?

Pour accueillir ce petit lézard, il suffit de mettre en place des tas de pierres, et de laisser subsister des zones enherbées afin de lui fournir des abris et des secteurs de chasse.

Le long des voies ferrées, il est primordial de conserver des accotements empierrés et dénudés, qui serviront de corridors entre les différentes populations.

Évidemment, ces micros habitats ne doivent pas être entretenus à l'aide d'insecticides !

POUR EN SAVOIR PLUS
ARNOLD E. N. et BURTON J. A. (1978) - Le multiguide nature de tous les reptiles et amphibiens d'Europe en couleur.- BORDAS. 271 p.
VACHER J.P. et GENIEZ M. (Coord.), 2010 - Les reptiles de France, Belgique, Luxembourg et Suisse. BIOTOPE, Meze (collection Parthenope) ; Muséum national d'Histoire naturelle. Paris. 544 p.
COCHARD P.-O. (2010) - 40 reptiles et amphibiens : ou les trouver. Comment les reconnaitre. GLENAT. 96 p.
THIRION J.-M. et EVRARD Ph. (2012) - Guide des reptiles et Amphibiens de France. BELIN. 224 p.

Sites internet :

www.karch.ch/karch/page-30324.html (consulté le 10 août 2016)
tiliqua.wifeo.com/photos-podarcis.php (consulté le 10 août 2016)