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La Pie bavarde

La Pie bavarde, Pica pica. Ordre des passériformes.

Associée à la sorcellerie depuis l’antiquité, la pie a le pouvoir en Chine de connaître les infidélités conjugales et d’aller rapporter les faits au mari trompé. Elle a aussi la fausse réputation d’être une voleuse attirée par les objets brillants ce qui lui vaudra les honneurs d’un opéra de Rossini La Pie Voleuse et d’un Tintin Les Bijoux de la Castafiore. Mais qui est en fait ce corvidé particulièrement intelligent (elle sait par exemple utiliser des brindilles pour récupérer des insectes dans des troncs d’arbres) ? D’une envergure de 48 à 53 cm pour un poids de 210g, la pie est un des oiseaux les plus faciles à reconnaître à cause de son plumage noir et blanc et de sa longue queue étagée. Les plumes noires ont des reflets verts et violets. Les jeunes ont la queue plus courte. Elle ne chante pas mais elle bavarde avec des chakchakchakchak rauques débités à tout propos.

© T.RIABI

Photo © T. Riabi / Corif

La pie est présente sur toute l’Europe, le nord-ouest de l’Afrique, une partie de l’Asie et en Amérique du Nord. Elle est absente de Corse.

La pie est un oiseau sédentaire et même très sédentaire puisqu’un des déplacements les plus importants révélé par les suivis d’oiseaux bagués est de l’ordre de 50km. Pâturant le plus souvent par deux, à partir d’octobre, les pies se rassemblent à la nuit tombante en dortoir souvent dans de petites zones boisées pouvant border par exemple une zone humide (comme dans la RNR du Bassin de la Bièvre). Elles rendent ainsi plus difficile toute intrusion de prédateurs.

La pie fréquente tous les types de milieux de plaine (les zones agricoles, les bosquets, les zones ouvertes ou légèrement boisées, les prairies, les abords des montagnes, les parcs et les jardins). Elle se trouve souvent près des habitations, y compris dans les zones urbaines et périurbaines. Elle est plus occasionnelle dans les forêts denses. Autrefois plus campagnarde, elle devient plus urbaine, trouvant en ville une zone refuge face aux destructions volontaires dont elle fait l’objet en milieu rural.

Dès la fin février, la saison des amours commence. Les pies restent alors plus volontiers par paire et cherchent dans les grands arbres, souvent des peupliers, l’endroit le plus pratique pour fonder une famille. Le couple commencera à bâtir successivement plusieurs nids dont un seul sera au final occupé. Il fait d’abord une solide assise en branchettes entremêlées, puis une cuvette interne garnie de terre gâchée, de radicelles, d’herbes séchés et de crins. Il sera recouvert d’un toit en forme de dôme constitué d’un entrelacement plus lâche de branches. Les oiseaux y pénètrent par une petite ouverture sur le côté. Fin avril, la femelle y pondra 6 à 8 œufs qu’elle couvera seule pendant 18 jours, son ravitaillement étant assuré par son compagnon. Ensuite les jeunes seront nourris pendant 25 jours environ, d’abord essentiellement de matières animales puis par une part de plus en plus importante d’éléments végétaux. Pendant une dizaine de jours, les jeunes resteront encore aux abords du nid puis la famille se dispersera.

© T.RIABI

Photo © T. Riabi / Corif

La pie est en déclin d’après le STOC (Suivi Temporel des Oiseaux Communs) mis en place par le MNHN (et coordonnés en Ile-de-France par le CORIF avec l’appui technique de Natureparif) : - 66% depuis 1989, avec une légère reprise depuis 10 ans. Ce déclin, observé aussi au niveau Européen semble moins prononcé à proximité des villes et des villages. Il concerne donc essentiellement les populations rurales et est à mettre en lien avec les destructions directes de l’espèce (11 999 pies tuées en Seine-et-Marne entre 2011 et 2014).

La pie a un régime alimentaire omnivore, composé d’environ 40% de végétaux (fruits de toutes nature comme les pommes, les prunes, les cerises, les glands, les faînes, etc) et de 60% de matières animales pour le reste (insectes, rongeurs, petits passereaux, charognes,…). Elle s’intéresse beaucoup aux couvées de passereaux au printemps, afin de pouvoir se procurer suffisamment de matières animales pour nourrir ses jeunes, cependant elle ne peut en aucun cas être tenue responsable d’une diminution des passereaux qui ont bien d’autres causes plus anthropiques comme la disparition des haies et les phytosanitaires. F Chiron l’a aussi démontré dans sa thèse, la prédation par la pie n’est pas un risque pour l’avifaune sauvage. La prédation naturelle est une des règles fondamentales d’un écosystème équilibré…

La pie bavarde est une espèce gibier et nuisible (groupe 2 classement triennal). Elle se retrouve classée nuisible jusqu’en 2017 sur toute l’Ile de France, à l’exception des départements de la petite couronne, et cela malgré des montants de dégâts peu élevés (en Seine et Marne entre 2011 et 2014 : 4001 € de dégâts dont 920 € de dommages aux activités agricoles).

© JJ.BOUJOT

Photo © JJ. Boujot / Corif

Bibliographie 

F Chiron (2007). Dynamique spatiale de démographique de la Pie bavarde, Pica pica en France : implication pour la gestion. Thèse MNHN. 311 pages.