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L'Epeire diadème

Une croisée férue de géométrie

L'Epeire diadème , Araneus diadematus . Famille des Araneidae.

Connue de tous même des habitants de Moulinsart

L'Epeire diadème ou porte-croix (Araneus diadematus) est une araignée emblématique de nos jardins et probablement une des plus connues.
C'est l'araignée géante de Tintin dans l'Etoile mystérieuse.

© Tintin

Rencontre avec Tintin
© HERGE.

Famille remarquable

Largement répandue en Europe et en Amérique du nord, commune dans toute la France, l'Epeire diadème appartient à la famille des Araneidae, la famille des araignées orbitèles ou qui construisent de grandes toiles géométriques.

Et comment la reconnaitre ?

L'Epeire diadème est aisément reconnaissable grâce à la croix blanche dessinée sur son abdomen. Le mâle, comme la femelle, porte cet ornement.
L'abdomen comporte également deux faibles tubercules antérieurs qui marquent son maximum de largeur.
Les pattes sont assez fortes, mais courtes, et possèdent de nombreuses épines. La teinte de l'Epeire et l'intensité de la croix peuvent être assez variables.
Certaines araignées sont sable, tandis que d'autres sont presque noires, en passant par des roux vifs.

© Antoni Roszac

Epeire diadème adulte
Photo © Antoni Roszac

La femelle est, comme chez beaucoup d'araignées, plus grande que le mâle. Elle peut mesurer jusqu'à 2 cm (corps sans les pattes), alors que le mâle dépasse rarement 8 mm.
Outre la taille, le mâle se distingue de la femelle par le renflement de ces pattes mâchoires en « gants de boxe ».

A part dans la Bd, où la voir ?

L'Epeire diadème est une espèce assez éclectique. Elle vit dans les jardins, les friches, les landes, les prairies, les bois, le long des haies et sur les bords de routes.
Elle est surtout visible de juillet à septembre.

Une grande bâtisseuse…

Opportuniste, l'Epeire diadème mange toutes sortes d'insectes qu'elles capturent grâce à sa gigantesque toile (jusqu'à 1 m de diamètre).
Dès sa naissance, la jeune Epeire est capable de faire une toile de 3 cm, soit 38 fois la taille de l'araignée.
Malgré sa petite taille, la toile de la jeune araignée est déjà typique des toiles de son espèce.
Le centre de la toile est occupé par un noyau spiralé non collant, où l'Epeire se positionne, généralement tête en bas, les quatre pattes avant regroupées.

© I Anglade

Epeire diadème sur sa toile
Photo © I. Anglade / Corif

toile





Une zone libre sépare ce noyau de la spirale gluante qui constitue l’essentiel de la toile. La toile de l’Epeire diadème est généralement constituée de 18 à 43 rayons.

Pénélope de la toile

Pour réaliser une toile de 40 cm, l'Epeire diadème a besoin de 20 m de fil. Chaque jour, la toile est défaite par l'araignée et reconstruite.
Mais elle ne repart pas de zéro : 90 % de l'ancienne toile est mangée, digérée, puis réutilisée pour la nouvelle toile.

Dès qu'une malheureuse proie se colle à son piège, l'Epeire se précipite pour l'emmailloter de soie.
La proie sera ensuite digérée à l'aide de sucs digestifs. Il n'en restera qu'une petite boule méconnaissable.

© Jüngen Howaldt

Epeire diadème emmaillotant sa proie
Photo © Jüngen Howaldt

Lorsqu’elle n’est pas sur sa toile, l’Epeire est souvent dissimulée sous une feuille, à proximité immédiate.

Ainsi va la vie...

La jeune Epeire sort du cocon maternel au printemps, généralement en mai. Pas plus grande qu'un grain de sable, elle va rapidement grossir par mues successives. Les adultes arrivent à maturité à la fin de l'été ou au début de l'automne.

© Brabander

Jeunes Epeires sorties du cocon
Photo © S. Brabander / Corif

Il faut faire vite

Les femelles ne sont réceptives à la reproduction que 3 ou 4 jours dans leurs vies. Il est possible qu’à cette occasion, elles émettent des phéromones qui attirent les mâles sur leur toile. En effet, plus de 60 mâles peuvent subitement se succéder sur la toile d’une femelle. Avant de s’y aventurer, le mâle envoie par percussion un signal à la femelle. Certains apportent même en « cadeau» une proie emmaillotée. Lorsque la femelle est réceptive, le mâle se glisse sous elle. Il applique ses pattes mâchoires l’une après l’autre sur l’orifice génital de la femelle, l’épigyne, et lui transmet son sperme. Même si la plupart des mâles s’en sortent vivants, il arrive que la femelle croque son partenaire.

Chaque femelle pond entre 800 et 900 œufs, bien protégés dans un cocon de soie. Dissimulée dans un lieu abrité, la femelle reste au côté de son coton jusqu’à sa mort, à la fin de l’automne.

Bibliographie

DEOM, C., 1996.- Le petit guide des araignées à toiles géométriques.- La Hulotte, n°73.- Editions Passerage.- 36 p.

DEOM, C., 1997.- Le petit guide des araignées à toiles géométriques, 2e partie.- La Hulotte, n°74.- Editions Passerage.- 39 p.

HERGE, 1954.- L’Etoile mystérieuse, Les aventures de Tintin.- CASTERMAN.- p.4.

JONES, D., 1990.- Guide des araignées et des opilions d’Europe, anatomie, biologie, habitat, distribution.- Delachaux et Niestlé.- 383 p. (Les guides du naturaliste).

ROBERTS, M.J., 2009.- Guide des araignées de France et d’Europe, Plus de 450 espèces décrites et illustrées.- Delachaux et Niestlé.- 383 p. (Les guides du naturaliste).