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Le sirex-chameau

Le sirex-chameau, Xiphydria camelus, (Linnaeus, 1758)

Présentation

Le Sirex-chameau est un hyménoptère classé parmi les « Symphytes », autrement appelés « Mouches à scie », en raison de la forme de l’ovipositeur de la femelle. Ce dernier évoque en effet une minuscule scie, qui leur permet de découper des fentes dans les végétaux afin d’y déposer leur œufs.

© JL. VAGOT

Femelle de Xiphydria camelus
Photo © JL. Vagot

Le genre Xiphydria, qui compte six espèces en Europe et quatre espèces en France, est classé parmi les Symphyta dans la Superfamille SIRICOIDEA, et dans la Famille Xiphydriidae. C’est le seul genre en France dans cette famille.

 

D’une longueur de 15 mm et d’un noir mat, le Sirex-chameau possède une rangée de taches blanches de chaque côté de l’abdomen. Ses pattes sont fauves, avec le bout des tarses noir. Ces ailes sont presque blanches. Sa tête est ornée de stries jaunes, qui ne vont pas jusqu’à ses yeux.

Cette espèce se distingue par l’absence de rouge sur l’abdomen.

Reproduction

La femelle pond dans le bois, et plus particulièrement sur les bouleaux et les aulnes.

© JP. LAIR

le Sirex-chameau sur un tronc d’un bouleau
Photo © JP. Lair / Corif

La larve se développe sous l’écorce et fore à son tour le bois. Sa croissance dans l’arbre dure deux années, le temps de faire de nombreuses galeries avant d’effectuer sa nymphose au sein même du rameau occupé. Elle peut alors sortir de l’arbre.

© JP. LAIR

la Larve du Sirex-Clameau sort de sa galerie
Photo © JP. Lair / Corif

Le parasite parasité

Si la larve du Sirex-chameau se développe au creux d’une branche ou d’un arbre mort ou malade, elle n’est pas pour autant à l’abri de toute « agression » et peut, elle-même, se retrouver parasitée. Ainsi, les femelles d’autres insectes comme Aulacus striatus ou encore Rhyssella approximator recherchent les branches qui recèlent une larve de Syrex-chameau. Elles introduisent alors leur tarière dans la galerie et pondent leurs œufs dans la larve du Sirex-chameau, qui servira maintenant à nourrir leur propres larves.

© JP. LAIR

Femelle d’Aulacus striatus (ovipositeur recourbé) recherchant une galerie de Sirex-chameau sur le tronc du bouleau
Photo © JP. Lair / Corif

© JP. LAIR © JP. LAIR

le tronc du bouleau est aussi très convoité par les femelles de Rhyssella approximator
Photo © JP. Lair / Corif

© JP. LAIR © JP. LAIR

…qui finissent par y pondre
Photo © JP. Lair / Corif

Ce lien entre l’arbre parasité par le Sirex-chameau et les insectes qui vont à leur tour parasiter le Sirex-chameau a fait l’objet d’un film (en anglais), dont certains extraits peuvent être visionnés sur le site suivant :
http://www.wildfilmhistory.org/film/261/clip/877/Insect+parasites+of+the+alder+woodwasp.html

Et la chaine se poursuit…

Le Sirex-chameau parasite le bouleau, et sa larve peut, à son tour, être repérée par un autre insecte qui vient y pondre ses œufs… mais celui-ci peut, à son tour, être victime de prédation. Lorsque la femelle de Rhyssella approximator pond ses œufs dans la larve du Sirex-chameau, elle se trouve immobilisée contre le tronc de l’arbre et donc très vulnérable. Il est donc très facile pour un insectivore, comme par exemple un oiseau, de venir la capturer. Il ne reste plus alors sur le tronc qu’une tarière, témoin du « drame » …qui mit fin à la chaine !

© JP. LAIR

la tarière de la femelle de Rhyssella approximator reste seule sur le bouleau
Photo © JP. Lair / Corif

Bibliographie

VAN DE PONSEELE Christophe (2013) – Le bouleau : écologie d’un pionnier. Mémoire. Formation guide-nature des collines 2012-2013. 44 p.

Remerciement

Je tiens à remercier tout particulièrement M. Jean-Luc VAGO, président de la Société entomologique du Nord de la France, tant pour son aide précieuse dans l’identification des espèces, que pour le cliché de la femelle de Sirex-chameau et pour les informations précieuses qu’il a eu la gentillesse de me communiquer.